La famille Pontac

En 1550, Jean de Pontac construit le château Haut-Brion

La famille de Pontac est originaire de la petite ville du Béarn du même nom, près de Pau. Elle remonte au XIe siècle. Pourtant, dès le XVe siècle, le nom de Pontac est associé au commerce du vin dans la région bordelaise.

Arnaud I de Pontac, bourgeois et marchand de Bordeaux, est à l'origine de la fortune familiale au XVe siècle. Il est exportateur de vin, mais aussi de plants de vigne bordelais dès 1496.
Jean de Pontac (1488-1589). Fils d'Arnaud, il est le véritable fondateur du château Haut-Brion. A 37 ans, il épouse Jeanne de Bellon qui apporte en dot une partie du domaine Haut-Brion. De ses trois mariages - dont le dernier à 76 ans -, naissent quinze enfants.

Au fil des années, Jean achète des terres qui forment peu à peu un important domaine. Il acquiert également les droits seigneuriaux liés à Haut-Brion.

En 1550, il achève la construction du château destiné à l'exploitation des vignes, une demeure "authentiquement vinicole".

Jean meurt à l'âge de 101 ans : il a traversé les règnes de Louis XII, François Ier, Henri II, Charles IX et Henri III.

Pontac

Arnaud II de Pontac (1530-1605). 4ème fils de Jean, ordonné prêtre à 27 ans, il devient évêque de Bazas. Charitable, il consacre une grande partie de sa fortune à la restauration et l'entretien de sa cathédrale ainsi qu'à soulager la misère. Selon la légende, son cortège funèbre était long de 15 kilomètres.

Geoffroy de Pontac (1576-1649). Président du Parlement de Bordeaux, Geoffroy vit comme les grands seigneurs de la Cour. Il fait construire à Bordeaux un magnifique hôtel particulier, la "maison Daurade" où presque tout est en or ou doré à l'or. Sa splendeur témoigne de la prééminence de Haut-Brion dans le commerce des vins.

Arnaud III de Pontac (1599-1681). Arnaud III mène une vie aussi luxueuse que celle de son père. Son prestige s'accroît encore quand il épouse la fille du président du Parlement de Paris. Il devient également Premier Président du Parlement de Guyenne.

Grâce à lui, Haut-Brion commence à s'implanter en Angleterre. Il est le premier à avoir compris l'importance du marché anglais, malgré les guerres et problèmes entre les deux pays.

Arnaud III de Pontac

Arnaud III

François-Auguste de Pontac (1636-1694) Président au Parlement de Bordeaux nommé en 1653, il est le dernier Pontac propriétaire de Haut-Brion en ligne directe.

Pour le prestige de Haut-Brion, son rôle est plus important à Londres qu'à Bordeaux. En 1666, à l'instigation d'Arnaud III, son père, il ouvre dans la capitale anglaise une taverne à "l'Enseigne de Pontac" qui devient rapidement "...le seul établissement à la mode de tout Londres..." Haut-Brion y est le premier vin du Bordelais vendu sous son nom et reconnu comme tel. L'un de ses plus prestigieux amateurs est Samuel Pepys qui le goûte le 10 avril 1663 : "... je bus une sorte de vin français appelé Ho-Bryan (sic) qui avait un bon goût très particulier que je n'avais jamais rencontré..."

En raison de ses nombreuses absences, François-Auguste confie la gestion de Haut-Brion à son régisseur, Bertrand Dubut. Pendant ce temps, François-Auguste mène une vie si luxueuse que le château est saisi par deux fois pour payer ses dettes. Il réussit à sauver sa propriété grâce à son influence et à celle de sa femme, Félicie de Crussol d'Uzès. Toutefois, à sa mort, il ne laisse que des dettes en héritage à sa soeur, Thérèse.

Marie-Thérèse de Pontac et ses descendants. Marie-Thérèse hérite des deux tiers de Haut-Brion. Le troisième tiers devient la propriété de Louis-Arnaud Lecomte, baron de la Tresne, neveu de François-Auguste. Thérèse hérite aussi du Château de Pez à Saint-Estèphe. En 1654, elle épouse Jean-Denis d'Aulède de Lestonnac, également propriétaire de Margaux, qui meurt dix-huit jours après avoir hérité de Haut-Brion.

Son fils, François-Delphin d'Aulède de Lestonnac, baron (puis marquis) de Margaux, gère en même temps Margaux et Haut-Brion.

A la mort de François-Delphin, en 1746, sa soeur, Catherine d'Aulède de Lestonnac, veuve du comte François-Joseph de Fumel depuis 1688, hérite du domaine.